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 Exposition "Crimes et justices" au Moyen Âge proposée par le Manoir de la Cour

Le message de Maël Leray, Directeur .

 

 

   

A partir du lundi 6 juillet 2020, et pendant tout l’été,
le Manoir de la Cour

accueille l’exposition
« Crimes et justices »
de
La Tour Jean sans Peur de Paris.

 


Premier martyre de Saint Jean l'Evangéliste à Rome, Les histoires du Christ, 1841, Cycle de fresques de Giovanni Chiarini,
Nef de la Collégiale de St Etienne, Vimercate, Lombardie, Italie.
 Crédits : DEA / M. RANZANI - Getty

Source image : France Culture
La torture au Moyen Âge


 Après vous avoir fait découvrir les liens entre la justice médiévale et le Manoir, ainsi que l’histoire des procès d’animaux durant le confinement, nous allons aborder aujourd’hui une idée reçue liée à la justice médiévale : l’utilisation de la torture.

On peut voir régulièrement dans les films qui ont pour thème le Moyen Âge des scènes de torture et/ou d’exécution, montrant parfois des bourreaux cruels ou des instruments de torture barbares. Elles véhiculent une image d’un Moyen Âge sombre et brutal, où l’injustice règne.


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Cependant, les dernières recherches historiques montrent que l’usage de la torture était rare et encadré. Le terme n’apparaît qu’au XVe siècle, on parle le plus souvent « tourment » ou « question » dans les sources.

L’utilisation de la torture a lieu lors des procédures « extraordinaires » concernant les crimes graves tels que l’homicide ou la sorcellerie. Les juges vont chercher à extorquer un aveu, preuve ultime de culpabilité, si d’autres preuves matérielles ou des témoignages n’ont pu être recueillis. Le recours à la torture doit d’abord être validé par des experts en droit et doit suivre une procédure stricte, de la menace jusqu’à l’application de la souffrance physique, qui peut être stoppée par l’aveu du prévenu. C’est pourquoi, un certain nombre d’accusés cèdent avant d’avoir été torturés.

Ainsi, sa pratique est réglementée : elle ne doit pas entraîner de séquelles physiques, ne doit pas être renouvelée au-delà de trois ou quatre fois et certaines méthodes, considérées comme trop dangereuses, comme l’usage du feu, sont progressivement interdites. De plus, toute pratique de la torture est sévèrement réprimée si elle est illégitime.

On considérait déjà à l’époque l’usage de la torture comme une entreprise peu fiable et délicate.



➡ L’historienne Faustine Harang, autrice de " La torture au Moyen Âge, XIVe-XVe siècles" (Editions PUF) écrit que son usage reste un outil politique afin de garantir une image de justice rigoureuse dans un Etat naissant (l’administration de l’Etat, ainsi que sa justice prend forme au XIIIe siècle).

 Si le sujet vous intéresse, écoutez l’intervention de Faustine Harang sur France Culture :
-> 
https://www.franceculture.fr/…/mati…/la-torture-au-moyen-age
avant de découvrir l’exposition « Crimes et justice » au Manoir de la Cour.


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